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Votre calendrier possède encore beaucoup de disponibilités pour les prochaines semaines. Vous ouvrez Airbnb ou Booking, regardez les logements concurrents et commencez à vous inquiéter. Votre première réaction est alors presque automatique : baisser vos prix pour obtenir davantage de réservations. et si je vous disais .. Arrêtez de baisser vos prix ?

10 € de moins. Puis encore 10 €. Et pourquoi pas une promotion supplémentaire pour accélérer les choses ?

C’est probablement l’un des réflexes les plus courants en location courte durée. Pourtant, c’est aussi l’un de ceux qui peuvent vous coûter le plus cher lorsqu’il est utilisé sans véritable analyse.

Bien sûr, le prix joue un rôle essentiel dans la décision de réservation. Il serait absurde d’affirmer le contraire. Un logement totalement déconnecté de son marché aura des difficultés à se louer. Mais lorsqu’un hébergement ne génère pas les résultats attendus, le tarif n’est qu’une variable parmi beaucoup d’autres.

Votre problème peut venir de vos photos, de votre annonce, de votre positionnement, de votre expérience voyageur, de votre nombre d’avis, de vos équipements, de vos conditions de réservation ou encore de votre stratégie de distribution.

Baisser le prix sans comprendre le problème revient donc à prescrire un médicament avant d’avoir établi le diagnostic.

Pour vous montrer pourquoi, prenons un cas concret.

Important : le cas présenté ci-dessous est volontairement simplifié et illustratif. Il ne s’agit pas du témoignage d’un client en particulier. L’objectif est de comprendre la méthode d’analyse.

Le cas : un appartement qui devrait fonctionner… mais dont les résultats déçoivent

Prenons un appartement T2 destiné à la location courte durée. Le logement est situé dans une destination touristique dynamique. Il peut accueillir quatre personnes, dispose d’une cuisine équipée, d’une chambre séparée et se trouve à proximité des principaux points d’intérêt.

Sur le papier, rien d’alarmant. Le logement possède même plusieurs qualités évidentes.

Pourtant, le propriétaire rencontre un problème : certaines périodes se remplissent correctement, mais dès que la demande diminue légèrement, les réservations ralentissent fortement.

Son calendrier comporte plusieurs trous et son chiffre d’affaires mensuel devient irrégulier.

Sa conclusion est immédiate : « Mon logement est trop cher. »

Il commence donc à réduire progressivement ses tarifs.

Prenons volontairement des chiffres simples pour comprendre le raisonnement. Imaginons qu’il vende habituellement certaines nuits à 120 €. Face aux disponibilités restantes, il décide de passer à 100 €, puis parfois à 90 €.

Quelques réservations supplémentaires arrivent.

La stratégie semble fonctionner.

Mais fonctionne-t-elle réellement ?

C’est justement là qu’il faut arrêter de regarder uniquement le calendrier et commencer à analyser la rentabilité globale de la location courte durée.

L’erreur : confondre taux d’occupation et rentabilité

C’est une confusion extrêmement fréquente.

Un calendrier très rempli donne une sensation de réussite. Toutes ces cases occupées sont rassurantes. À l’inverse, voir plusieurs nuits disponibles peut provoquer une impression d’échec.

Pourtant, votre objectif n’est pas nécessairement d’obtenir un calendrier rempli à 100 %.

Votre objectif est de générer le meilleur résultat possible avec votre logement, en tenant compte de vos charges, de votre stratégie et du temps consacré à sa gestion.

Prenons deux scénarios volontairement simplifiés.

  • Dans le premier, un logement vend 20 nuits à 120 €. Cela représente 2 400 € de chiffre d’affaires brut avant prise en compte des autres éléments.
  • Dans le second, le propriétaire baisse fortement ses prix et réussit à vendre 25 nuits à 90 €. Son calendrier est davantage rempli, mais son chiffre d’affaires brut n’est plus que de 2 250 €.

Il a donc accueilli davantage de séjours potentiels et mobilisé davantage son logement tout en générant moins de chiffre d’affaires.

Et ce calcul ne tient même pas encore compte des conséquences opérationnelles : selon la durée des séjours et la manière dont les frais sont structurés, davantage de rotations peuvent signifier davantage de coordination, de linge, de consommables, de ménage, d’usure et de temps de gestion.

Un taux d’occupation supérieur ne signifie donc pas automatiquement une meilleure rentabilité.

C’est la première leçon de notre étude de cas.

Avant de modifier le prix, regardons l’annonce

Revenons à notre appartement.

Plutôt que de baisser immédiatement ses tarifs, observons ce que voit réellement le voyageur.

  • La première photo montre le salon. Elle est correcte, mais sombre et prise avec un téléphone. Le cadrage ne permet pas vraiment de comprendre les volumes. Pourtant, le logement possède un joli balcon qui n’apparaît qu’à la huitième photo.
  • Le titre indique simplement : « Appartement T2 – 4 personnes ».
  • La description présente essentiellement une liste d’équipements. Elle explique ce que contient l’appartement, mais pas réellement pourquoi un voyageur devrait choisir celui-ci plutôt qu’un autre.
  • Le logement dispose également d’un parking privé, mais l’information est peu mise en avant.

Nous avons donc déjà identifié plusieurs problèmes potentiels.

Imaginez maintenant que le propriétaire baisse son tarif de 120 € à 90 €.

Les photos restent identiques. Le titre reste identique. Le balcon reste caché à la huitième photo. Le parking reste peu visible et la description ne donne toujours pas envie de se projeter.

Le propriétaire vient simplement de rendre moins cher un produit qu’il présente mal.

Voilà pourquoi le prix ne doit pas être votre seul levier.

Étape 1 : améliorer la valeur perçue du logement

Avant de chercher à vendre moins cher, cherchons à faire comprendre pourquoi le logement mérite son prix.

Dans notre cas, la première action serait de revoir complètement les photos. Une photographie lumineuse du séjour ou du balcon pourrait devenir l’image principale. Les pièces seraient photographiées de manière cohérente et les équipements différenciants seraient réellement visibles.

Ensuite, le titre pourrait mettre en avant les avantages principaux plutôt que la typologie du logement. Selon ses véritables caractéristiques et les limites imposées par la plateforme, on pourrait par exemple valoriser le balcon, le parking ou la proximité d’un lieu recherché.

La description serait ensuite retravaillée pour permettre au voyageur de se projeter dans son séjour.

L’objectif n’est absolument pas de cacher les défauts ou d’embellir artificiellement la réalité. Au contraire, une bonne annonce doit rester fidèle au logement.

Mais être transparent ne signifie pas présenter son hébergement sans stratégie.

Si vous possédez des avantages, montrez-les.

Étape 2 : regarder la concurrence correctement

Autre erreur de notre propriétaire : lorsqu’il analyse la concurrence, il regarde principalement les prix.

Il voit un appartement proposé à 85 € et pense immédiatement : « Je suis à 120 €, je suis beaucoup trop cher. »

Mais compare-t-il réellement deux produits équivalents ?

Le logement à 85 € possède-t-il un parking ? La même capacité ? La même localisation ? Des commentaires comparables ? La même qualité de décoration ? Une arrivée autonome ? Une terrasse ? La même literie ? Les mêmes conditions d’annulation ?

Et surtout : le prix affiché signifie-t-il que le logement sera effectivement réservé à ce tarif ?

Observer les annonces concurrentes est utile. Copier leurs prix sans comprendre leur stratégie l’est beaucoup moins.

Une bonne analyse concurrentielle consiste à identifier un véritable groupe de logements comparables et à comprendre comment votre offre se positionne face à eux.

Vous pouvez alors déterminer si votre problème vient réellement du tarif ou si votre logement souffre surtout d’un déficit de valeur perçue.

analyser les prix concurrence airbnb

Étape 3 : analyser les avis voyageurs

Notre propriétaire possède déjà plusieurs commentaires. Pourtant, il ne les utilise pratiquement jamais pour améliorer son annonce.

En les relisant attentivement, on découvre que plusieurs voyageurs complimentent le calme du logement, la qualité de la literie et la facilité du stationnement.

C’est particulièrement intéressant.

Pourquoi ?

Parce que ces trois avantages sont très peu visibles dans l’annonce.

Les voyageurs viennent donc de révéler au propriétaire une partie de ses meilleurs arguments commerciaux.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je recommande de relire régulièrement les commentaires. Ne regardez pas uniquement le nombre d’étoiles. Cherchez les mots et les idées qui reviennent.

Vos voyageurs vous expliquent parfois eux-mêmes pourquoi ils ont aimé votre logement.

À vous ensuite d’utiliser ces informations pour mieux le présenter, sans évidemment inventer ou exagérer ses qualités.

Étape 4 : travailler l’expérience avant de chercher uniquement le volume

Continuons notre analyse.

Le logement est correct, mais l’expérience proposée reste très basique. Le voyageur reçoit les informations nécessaires, récupère ses clés et profite de son séjour. Rien de catastrophique.

Mais rien de particulièrement mémorable non plus.

C’est là qu’un propriétaire peut commencer à travailler sur des détails qui ne nécessitent pas forcément de gros investissements : simplifier les instructions d’arrivée, créer un guide du voyageur réellement utile, améliorer certains consommables, optimiser la literie ou encore anticiper les questions les plus fréquentes.

Pourquoi est-ce important pour la rentabilité ?

Parce qu’une meilleure expérience peut favoriser de meilleurs commentaires et renforcer progressivement la preuve sociale de l’annonce. Ces avis peuvent ensuite rassurer les futurs voyageurs et participer à l’amélioration de la conversion.

La qualité n’est donc pas simplement une dépense.

Elle peut devenir un investissement dans la valeur perçue de votre logement.

Étape 5 : regarder les restrictions qui peuvent bloquer les réservations

Voici un élément souvent oublié.

Vous pouvez avoir une très belle annonce et un tarif cohérent, mais rendre votre logement difficile à réserver à cause de vos propres paramètres.

Durée minimale de séjour trop élevée, horaires d’arrivée très restrictifs, absence d’arrivée autonome, calendrier ouvert trop tardivement ou certaines conditions peu adaptées à la clientèle ciblée : plusieurs paramètres peuvent réduire votre marché potentiel.

Imaginons que notre propriétaire impose systématiquement trois nuits minimum.

Un voyageur cherche deux nuits pour un week-end.

Votre logement pourrait parfaitement lui convenir mais il ne peut simplement pas le réserver.

Baisser le prix ne changera rien au problème.

Le tarif peut passer de 120 € à 80 € : si le voyageur ne peut pas sélectionner les dates qu’il souhaite, votre logement restera hors de son choix.

Avant de modifier vos prix, analysez donc également les conditions qui encadrent la réservation.

Étape 6 : ne pas utiliser le même prix toute l’année

Maintenant, parlons réellement de tarification.

Parce que l’objectif n’est évidemment pas de dire : « Ne baissez jamais vos prix. »

Ce serait une mauvaise recommandation.

Il existe des moments où ajuster un tarif à la baisse est parfaitement pertinent. De la même manière, certaines périodes permettent de l’augmenter.

Le problème est de baisser ses prix par réflexe, sans stratégie.

Une bonne tarification en location courte durée doit prendre en compte la demande. Un samedi en pleine saison ne possède pas la même valeur qu’un mardi en période creuse. Un week-end marqué par un événement majeur ne doit pas nécessairement être vendu comme un week-end ordinaire.

C’est notamment l’intérêt des stratégies de tarification dynamique : adapter les prix à la réalité du marché plutôt que de choisir un tarif fixe et de le modifier au hasard lorsque les réservations ralentissent.

La nuance est essentielle : ajuster son prix est une stratégie. Brader son logement par peur des nuits vides est une réaction.

Étape 7 : augmenter les revenus autrement qu’en augmentant les tarifs

C’est un autre changement de vision important.

Lorsqu’on parle d’augmenter la rentabilité d’une location courte durée, on pense immédiatement au prix par nuit.

Pourtant, plusieurs leviers peuvent influencer les revenus :

  • Vous pouvez améliorer la qualité de votre annonce pour convertir davantage de visiteurs.
  • Vous pouvez travailler votre distribution pour ne pas dépendre d’un seul canal.
  • Vous pouvez optimiser les périodes creuses, adapter certaines durées minimales ou améliorer l’expérience pour renforcer vos avis.

Selon le logement et la clientèle, certains services complémentaires peuvent également créer de la valeur, à condition évidemment qu’ils soient pertinents et correctement organisés.

Le revenu d’une location courte durée est donc le résultat d’un système complet. Le prix n’en est qu’une composante.

Étape 8 : mesurer avant et après chaque modification

Reprenons notre étude de cas.

Supposons que le propriétaire mette maintenant en place plusieurs changements : nouvelles photos, titre retravaillé, meilleure présentation du parking et du balcon, description améliorée, informations d’arrivée simplifiées et adaptation de certaines restrictions.

Que doit-il faire ensuite ?

Attendre et regarder vaguement son calendrier ?

Non.

Il doit mesurer.

Combien de réservations reçoit-il ? Quel est son prix moyen ? Quel chiffre d’affaires génère-t-il ? Comment évolue son taux d’occupation ? Quelles périodes restent difficiles à vendre ? Les voyageurs mentionnent-ils certains nouveaux éléments dans leurs commentaires ?

Selon les données accessibles dans ses outils et plateformes, il peut également observer l’évolution de la visibilité et de la conversion de son annonce.

L’objectif est d’arrêter de gérer uniquement à l’intuition.

Une optimisation n’est réellement intéressante que si vous êtes capable d’en observer les effets.

Revenons à notre propriétaire : que fallait-il faire ?

Au début de notre étude de cas, le propriétaire avait une réponse à tous ses problèmes : baisser le prix.

Après analyse, nous découvrons pourtant plusieurs axes d’amélioration : ses photos ne valorisent pas suffisamment le logement, ses principaux avantages sont mal présentés, ses commentaires voyageurs ne sont pas exploités, son expérience pourrait être améliorée et certaines conditions de réservation méritent d’être réévaluées.

Le tarif peut effectivement faire partie des ajustements nécessaires.

Mais il arrive après le diagnostic, pas avant.

C’est exactement ce qui distingue une gestion réactive d’une gestion professionnelle.

Le propriétaire réactif voit un trou dans son calendrier et baisse son prix.

Le propriétaire qui pilote réellement son activité cherche d’abord à comprendre pourquoi ce trou existe.

Pourquoi baisser constamment ses prix peut devenir dangereux

Il existe également un deuxième risque : habituer son activité à résoudre chaque problème par une baisse de prix.

  • Une mauvaise photo ? On baisse.
  • Une semaine creuse ? On baisse.
  • Un concurrent moins cher ? On baisse.
  • Une réservation qui tarde ? On baisse.

Jusqu’où ?

Vos charges, elles, ne diminuent pas nécessairement parce que vous vendez votre nuit moins cher. Votre emprunt reste identique. Votre assurance aussi. Le coût de certains consommables ne change pas. Les commissions, la fiscalité applicable, le ménage et l’entretien continuent d’exister selon votre situation.

À un certain niveau, vous pouvez donc avoir un logement très occupé qui génère une marge décevante.

Et surtout, vous n’avez jamais corrigé le véritable problème.

C’est pourquoi votre première question ne devrait pas être :

« Jusqu’où puis-je baisser mon prix ? »

Mais plutôt :

« Pourquoi un voyageur choisirait-il mon logement plutôt qu’un autre ? »

La réponse à cette question est beaucoup plus intéressante.

Le prix devient plus facile à défendre lorsque la qualité est visible

Revenons à deux annonces.

La première possède des photos sombres, une description très courte, peu d’informations, une expérience assez basique et quelques avis corrects.

La seconde présente clairement son logement, bénéficie de belles photos fidèles à la réalité, met en avant ses véritables avantages, possède de nombreux commentaires rassurants et propose un parcours voyageur extrêmement simple.

Même si les deux appartements sont similaires, le voyageur ne perçoit pas nécessairement la même valeur.

C’est exactement pour cette raison que je parle souvent de qualité avant de parler uniquement de prix.

Vous ne pourrez jamais supprimer la question tarifaire. Elle restera essentielle.

Mais plus votre produit est désirable, rassurant et professionnel, plus votre stratégie peut reposer sur autre chose que la course permanente au moins cher.

Arrêtez de faire cela immédiatement

Si vous devez retenir une seule idée de cette étude de cas, c’est celle-ci :

arrêtez de modifier vos prix par peur avant d’avoir compris vos chiffres et votre problème.

  • Votre calendrier ralentit ? Analysez.
  • Votre taux d’occupation diminue ? Analysez.
  • Vos concurrents semblent davantage réservés ? Analysez.
  • Regardez votre annonce, vos photos, vos avis, votre expérience voyageur, vos conditions de réservation, votre distribution, votre positionnement et évidemment vos tarifs.

Ensuite seulement, prenez une décision.

Parfois, la bonne réponse sera effectivement de réduire votre prix sur certaines dates. Dans d’autres situations, vous devrez l’augmenter. Et parfois, le prix ne sera absolument pas le principal problème.

C’est cela, gérer sa location courte durée comme une véritable activité : ne plus prendre des décisions uniquement à partir d’une impression.

Votre logement a-t-il réellement un problème de prix ?

C’est une question que beaucoup de propriétaires devraient se poser.

Parce qu’il est beaucoup plus facile de cliquer sur un calendrier et de diminuer un tarif que de remettre à plat son annonce, améliorer ses photos, analyser sa concurrence, travailler son expérience voyageur ou revoir son organisation.

Mais la solution la plus facile n’est pas toujours celle qui produit les meilleurs résultats.

Une location courte durée performante repose sur plusieurs piliers qui fonctionnent ensemble : un bon produit, une annonce attractive, une expérience voyageur de qualité, une tarification cohérente, une organisation efficace et une analyse régulière des résultats.

C’est cette vision globale qui permet de prendre de meilleures décisions.

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